CHRONIQUE 48-10

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CHRONIQUES 2010

 

 

QUARANTE-HUITIEME SEMAINE

 

 

Des transparences. Houellebecq et autres joyeusetés : des Helvètes, du Qatar, de Lénine et de la Modernité des Temps.  

 

 

 

Nous voilà bien, il nous faut devenir transparent. Les ambassadeurs  et les diplomates le deviennent, bien sûr, on ne parle que d’eux, les ministres, les chefs d’Etats, les employés de bureau, les journalistes, les candidates au titre de Miss France, les vitriers, les aquarellistes, les agents d’assurances, les opérateurs de téléphonie mobile, les terroristes de toutes obédiences, les agents doubles, les voyeurs, aussi les fromages, les foies gras et les bifsteks. La mode est à la transparence.

La faute à un petit malin qui a réussi à s’approprier des notes diplomatiques confidentielles et à les faire blanchir par de grands journaux. On y apprend généralement ce que tout le monde savait ou ce dont tout le monde se doutait et l’Auvergnat n’a pas été étonné d’apprendre qu’on a vu un jour son Président courir derrière un petit  chien qui poursuivait dans son bureau le lapin de son fils. L’Ambassadeur en avait fait une note à son président, dont un prédécesseur courait, mais sans chien, après une stagiaire de la Maison Blanche. On vient d’apprendre qu’il se fait maintenant réciter des fables de La Fontaine, puis qu’il les redit à sa femme, à charge de revanche sans doute. Pour l’endormir, je conseille à l’épouse de lire les histoires du Père Castor, Roule galette par exemple,  ou les Trois Ours.

Transparence encore, du fromage. Actuellement, méfiez-vous des étiquettes. Attention, difficile de trouver un fromage qui ne soit pas au lait pasteurisé. Transparence de la viande ? Nous ne trouvons que du veau et du bœuf. Que sont devenues nos bonnes grosses vaches et nos vieilles laitières épuisées ?

Transparence des hommes politiques. Qui se souvient de la liste des membres du nouveau gouvernement, et combien sont transparents la représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, et le Président du Conseil européen !

Les murs deviendront translucides sous cette nouvelle dictature de la transparence. A longueur de nuit et de jour vous verrez vivre vos voisins. Vous vous en lasserez vite, c’est comme chez vous. Nos fades auvergnates ne sauront plus où se cacher. Les Pères Noël, ne sauront plus où se mettre et il n’y aura plus de noël, et les ciels seront vides, et les temples aussi.  Vous distinguerez le ver dans la pomme, vous connaitrez les arrières salles, les arrières cours, les arrières trains, les arrières boutiques, les arrières cuisines et les arrières petites cousines, les arrières goûts, les arrières pensées. Et vos ennemis n’auront plus de secrets pour vous, et vos amis aussi, alors vous n’aurez plus d’amis. Vous verrez les bassesses, les vilenies, les ingratitudes et regretterez votre naïveté. Et viendra votre arrière vieillesse, où, à votre tour, vous serez transparent, l’Alzheimer de la chambre 28, l’incontinent de la 12, le grabataire du cinquième.

Réfugiez-vous en toute hâte là où est la véritable transparence. « Qu’il est agréable d’être allongé sur le dos dans la forêt et de regarder en haut ! … Dans le feuillage, on voit alterner des transparences d’émeraude et des opacités d’un vert doré touchant au noir … », ou en montagne, dans certaines combes d’altitude qui ne sont que minérales, des chaos de rochers sous lesquels on devine l’eau sourdre. Par beau temps d’été, l’air y est transparent, dur et léger à la fois. On avance en silence dans ce recueillement que le moindre bruit détruirait à  jamais.

Où l’on voit que la transparence a parfois du bon. « Si l’on pêchait l’air comme on pêche un étang, on y trouverait une foule d’êtres surprenants … L’air habité par des transparences vivantes, ce serait le commencement de l’inconnu ; mais au-delà s’offre la vaste ouverture du possible. »

Traversons le miroir et laissons là leurs pseudos transparences politiques, alimentaires, journalistiques et autres.

 

Où est ? Houellebecq, me direz-vous ? Il est à Châtelus le Marcheix. La réalité a rattrapé la fiction. On peut le voir à la bibliothèque. Non, il n’a pas eu froid, il avait sa parka, et puis il a mangé au Relais de Saint Goussaud, cuisine du terroir, qui réchauffe le cœur et le reste. Oui, il aime les cartes Michelin : « j’adore les cartes Michelin. Je possède celles de la quasi-totalité des départements. » Il est tombé en admiration devant la carte de la Creuse-Haute-Vienne, et il était venu voir, notamment, Châtelus le Marcheix.

Des qui vont voyager, ce sont les étrangers auteurs de crimes, en Suisse. Expulsés automatiquement. Les Helvètes l’ont décidé par referendum. Réconfortons-nous, maigre consolation, les cantons francophones, (sauf le Valais), et Bâle-Ville ont été contre. A voir bien des réactions françaises, nous sommes majoritairement alémaniques sur ce sujet.

Il est étonnant de ne pas trouver dans la liste des expulsables les blanchisseurs d’argent plus ou moins sale qui prospère dans les banques suisses.

 

Pour aider à l’indemnisation des victimes des boues toxiques, le gouvernement hongrois envisage de vendre aux enchères des statues datant de l’ère communiste, entre autres, un buste de Lénine. Le profit sera sans doute inférieur à celui de la vente des vins des Hospices de Beaune. Encore que la fonte, au poids, peu rapporter gros.

 

Des qui sont contents, ce sont les qataris. Ils organiseront la Coupe du monde de football, mais en 2022 seulement, il leur faut le temps de se mettre au vert. Ils avaient le soutien de Zidane, c’est un peu notre victoire aussi donc.

 

Nous allons vers des Temps modernes.

 

 

 

 

Mais non les gouachistes qui ont une pâte plus épaisse et pour tout dire un peu lourde souvent.

En son temps, l’Auvergnat a couru lui-même derrière des poules naines, des cochons d’Inde et supplié des chatons de descendre des arbres qu’ils avaient imprudemment escaladés.

Le Loup et le Chien parait il. Conseillons la Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le Bœuf.

Ivan Tourgueniev, Récits d’un chasseur, Kassiane

Victor Hugo, Les Travailleurs de la Mer.

Meurtre, viol, brigandage, trafic de drogue, traite d’êtres humains, et aussi, perception abusive des assurances et de l’aide sociale.

Vous avez déjà oublié.

Il aurait reçu  pour cette aide 15 millions de dollars.

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