FEVRIER 2012 2ème partie

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FEVRIER 2012

 

(De la Saint Claude à la Saint Auguste)

 

Chronique campagnarde

 

 

 Le vent a tourné et la neige a fondu, sauf dans les stations de sports d’hiver, à la satisfaction des vendeurs de fondues justement, et de tartiflettes.

On a fêté Mardi-Gras, la fin des jours gras. On a allumé les fougars sur les places et les novis ont sauté pardessus les brandons pour avoir au moins une année de bonheur ; je vous parle de vieux. On a mangé des guenilles, des bugnes quoi.

Et voilà Carmentran, Carême entrant, Carnaval. Les candidats s’en donnent à cœur joie. On ne les a jamais tant vus ces jours, à la télé, coiffés de toutes sortes de couvre-chefs, casques de pompiers,  casques de chantier, charlottes jetables en intissé d’une  discrète élégance, chapeaux pointus turlututu, chaussés de bottes, d’espadrilles, de sabots, de couvre-chaussures qui les font marcher en canard. Vêtus de grandes blouses mal ajustées, de toutes couleurs. Déguisés en candidats. On les reconnait quand même, au milieu des mains qui se tendent et des flashes. Ce sont ceux qui font semblant de s’intéresser aux explications pourtant sommaires que leur donne un ouvrier ou une ouvrière. Ils ont un œil sur le travail, l’autre sur la caméra. Comme on dit, ils font de l’abonde par  les temps qui courent.

C’est qu’il flotte comme un air de campagne, un air qui sent sa ruralité. Il leur a fallu chausser leurs gros sabots. pour se montrer au Salon de l’Agriculture. C’est à qui prendra dans ses bras une poulette, un gagnou, un agnet, une charolaise ou un cul noir et ils ne craignent pas de tâter quelque croupe, celles des limousines bien sûr qui ont des formes généreuses et un véritable arbre généalogique. Ils goûtent à tout et trouvent tout bon, excellent même. Tous ces fromages, toutes ces cochonnailles, tous ces vins ! Ils sont bonnes bêtes et rien ne leur fait regret.

Mais quel bruit tous ces candidats, une cacophonie, un vacarme, un monstrueux caquetage de poulailler ! On rêverait d’une campagne muette. On décrocherait un Oscar, et on pourrait entendre passer les vols de grues qui anticipent le printemps.

Des qui sont contentes, ce sont les volailles justement, les poules pondeuses, particulièrement celles élevées en batterie. Contentes non pas tant de toutes ces visites d’importants, mais de la nouvelle norme européenne sur l’élevage concentrationnaire qui a pris effet au premier janvier dernier. Vive l’Europe ! Dorénavant leur cage devra mesurer 750 cm² au lieu de 550 (ce qui revient à ajouter la surface d’une carte postale à une feuille A4). Elles devront disposer de nids et d’un perchoir, au moins 15 cm par poule. On les envierait presque, d’autant qu’elles pourront picorer et gratter la litière sur leurs 750 cm² (actuellement le « sol » est grillagé), à la lumière artificielle bien entendu. Il est vrai qu’après un an de ponte elles finiront en plats cuisinés, halals ou pas. Souffrir pour vivre, pour produire, et souffrir pour mourir, on connait la chanson. Mais où sont nos poules élevées en plein air, qui couraient le couderc, grattaient dans le fumier, pondaient parfois  dans la haie, s’oubliaient près du cantou ? Elles pondaient des œufs qui avaient un vrai jaune, plus ou moins selon les saisons. « Aoussi les poules ! » disait la grand’mère en agitant son devantier pour les faire descendre de la table.

D’autres heureux sont les pandas. Notre couple mange du bambou spécialement préparé pour lui, par un cuisinier es bambou, ou presque. A ce régime, ce n’est pas demain qu’ils s’intégreront à notre faune française.

  

La France entière a retourné ses poches, a vidé les tiroirs, les fonds de placards, a fouillé les vieux portefeuilles, ceux des ancêtres et des vieilles tantes, à la recherche de Pierre et Marie Curie, de Gustave Eiffel, de Saint Exupéry, de Cézanne et même de Claude Debussy. Plutôt des billets à leur effigie, pour les échanger avant qu’ils soient sans valeur, le 17. C’est véritablement la fin du Franc. On va encore penser à lui, un peu, et oublier  St Ex qui fait bien démodé, et Debussy et Cézanne et sa barbe de patriarche. Avec un franc, on n’a plus rien. Définitivement.

 

En Syrie, le Président a fait des études d’ophtalmologie, et pourtant il ne voit pas qu’il massacre et supplicie son peuple.

 

 

D’aucuns disent des merveilles.

Les poules de batterie ont des œufs jaunes par adjonction de carotène dans l’alimentation.

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Publié dans Chroniques

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