CHRONIQUE 37

Publié le

CHRONIQUES  2009

 

 

 

TRENTE SEPTIEME SEMAINE

 

 

 

Considérons les plaines. Des Limagnes. Le nu, encore ; Grandeur consécutive d’Allah.

 

 

 

J’ai déjà longuement parlé des montagnes, je parlerai aujourd’hui des plaines. En fait les plaines sont des montagnes d’un genre géographiquement spécial, où il y a fort peu de montées et très peu de descentes, où les dénivelées sont pratiquement nulles. C’est dire que l’homme s’y ennuie considérablement.  Pour occuper son temps, il y organise de grandes batailles, avec des armées bien rangées. Les unes font des avancées fulgurantes, avec des charges de cavaliers, ou de chars d’assaut, les autres ont des retraites éreintantes. Généralement dans la boue et le froid. Les chefs, à cheval, se tiennent sur de petites éminences, avec leurs chapeaux à plumes, et l’on voit au loin les fumées des incendies. Les plaines permettent de faire de grands tableaux de batailles. On y contemple de grands ciels et elles donnent aussi de beaux tableaux de ciels. Des poètes ont chanté les plaines, on  apprenait autrefois leurs poésies dans les écoles. Et on chantait leur vent, loin du tumulte des cités.

 

Dans la plaine, le paysan est gros. (Longtemps le petit paysan était réservé à la montagne.) Il est gros et il fait les choses en grand. Il sulfate en hélicoptère, il laboure avec un ordinateur et un GPS. Il ne voit pas le bout de ses champs. Plus il avance, plus l’horizon recule. Fernand Reynaud en a bien parlé, de ce pauv’paysan.

 

Pour voir plus loin et échapper à ces platitudes, l’homme des plaines, dès le Moyen-âge a construit des cathédrales. Il les a faites gothiques pour pouvoir aller plus haut. Le randonneur s’y rend en procession, avec force drapeaux, oriflammes, gonfalons, et des chants et des prières, en culottes courtes, en soutane flottant au vent. Quand il les aperçoit de loin, au-dessus de l’océan des blés, il reprend vigueur et il écrit des poèmes inspirés.

Les trains parcourent les plaines à toute vapeur, à toute électricité, de nos jours. Ils y prennent un évident plaisir et on les sent désireux de fuir au plus vite ces étendues sans intérêt. Les autoroutes s’y régalent, avalent les kilomètres et vident les réservoirs. Les villages font de leur mieux pour retenir les automobilistes qui les visitent. A grands coups de limitations de vitesse, 70, 50, 30kms/h. Et les gendarmes locaux sont trop heureux d’améliorer, grâce à cette participation, leur quota de PV.

 

L’Auvergnat aussi a ses plaines, les Limagnes. Mais il les a faites à sa portée. Elles ont aussi leurs grandes cultures, les maïs, les betteraves, les céréales. Et l’ail qu’on met en poudre et en bocal. Mais des Limagnes on aperçoit toujours quelque montagne, les Puys, le Forez, les monts de la Madeleine. Et les Auvergnats eux aussi ont leur cathédrale qu’on voit de loin, mieux que les autres d’ailleurs, puisqu’en lave noire.

 

A propos d’Auvergnat, Un, qui les connait bien, aurait été surpris à dire ; « un Auvergnat ça va, plusieurs, bonjour les dégâts »  ou quelque chose de la même eau. Les bougnats parisiens sont montés au créneau, mais Une qui fait le ménage au Gouvernement a pris sa défense. La querelle en est restée là, pas de temps à perdre, il faut vendanger à Dallet, à Chateaugay et à Saint-Pourçain, tous les vins d’Auvergne et la pluie menace.

 

Précision, à propos de la randonue. Sur les plages cet été, la mode était parait-il plutôt au rhabillage. C’est maintenant ringard de bronzer sans le haut, et un quart des 18-24 ans sont très pudiques. Il est vrai que les randonneurs sont souvent plus âgés.

 

Et c’est ainsi qu’Allah est grand.  

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