CHRONIQUE 47-10
CHRONIQUES 2010
QUARANTE-SEPTIEME SEMAINE
Des violences faites aux femmes et des protestations qui s’en suivent. Des jours de Jours. Des catherinettes et du Djebel Musa. De la défense du patrimoine italien. De la modernité des Temps.
Journée mondiale de lutte de la violence faite aux femmes, ce 25 novembre, mais aussi, le 26, la journée des enfants des rues, et en début de semaine nous avons eu, sans même nous en apercevoir, la journée mondiale des pêcheurs artisans et des travailleurs de la mer, la journée nationale de la trisomie 21, la journée mondiale de la télévision. Et le 28, la journée sans achats, elle tombe bien, le dimanche, une baguette et le journal feront l’affaire. Aussi la collecte de la Banque alimentaire. Nous attendent la semaine qui vient, la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, la journée mondiale de lutte contre le sida, l’internationale pour l’abolition de l’esclavage, celles des personnes handicapées, du cinéma indépendant et du bénévolat. « Et monsieur le curé, de quelque nouveau saint, charge toujours son prône ». On cherche les jours qui ne sont pas des « journées » et on s’étonne de constater si peu de résultats.
La journée du 25, la violence faite aux femmes, nous a rappelé que c’était une cause nationale en France depuis l’an dernier et que depuis 140 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon, qu’aux USA, une femme est battue toutes les 15 secondes, qu’en Afrique du Sud, une femme est violée toutes les 23 secondes. Quelles belles olympiades ! On ne sait rien sur le reste de l’Afrique et tous ces pays où la femme est bête de somme et repos du guerrier.
Une association de défense a demandé aux françaises de porter la jupe ce jour-là, et non le pantalon, un défi aux machos des cités, et des autres. Mais le jour était-il bien choisi, un des premiers jours bien frisquet et l’Auvergnat les a bien plaintes les militantes du Cantal. Ne parlons pas de celles qui ont confondu culotte et pantalon, avec les conséquences qu’on imagine ! Nous avons eu quelques rassemblements qui se sont dispersés en fin de matinée, il fallait bien aller préparer le repas des hommes et mettre le couvert avant qu’ils arrivent, en appétit après l’apéritif entre copains. Mais pourquoi diable ne pas essayer de convaincre les garçons que les filles sont des hommes comme eux. Que font les mères ?
On s’est souvenu que cette journée était un hommage à trois sœurs militantes de la cause féministe, assassinées en 1969 en République dominicaine, où sont de si belles plages et de si beaux hôtels et où les femmes sont de chambre.
Et que nous fêtions aussi, ce 25, Sainte Catherine, d’Alexandrie, mariée mystiquement à Jésus, que priaient, au Moyen Age, les jeunes filles célibataires de plus de 25 ans, pour se marier, et donc se faire battre, éventuellement. Elles ne prient plus et arborent d’horribles et extravagants chapeaux de leur fabrication. Elles font la fête avec les copines en assumant leur célibat, parfois avec une petite amertume, au fond.
Soyons précis, Sainte Catherine est une grande patronne, patronne d’une armée d’artisans, du plombier au charron, du drapier au meunier, du tourneur à la nourrice, et d’autres encore, philosophe, orateur, notaire… C’est aussi le monastère perdu au pied du Djebel Mousa, dans le Sinaï, protégé par l’empereur Justinien, par Mahomet et par Napoléon. D’où il fait bon entreprendre l’ascension du mont Moïse, à quatre heures d’un petit matin neigeux, en compagnie de courageux compagnons, suivis, de leur plein gré, par de fidèles et saintes femmes et par des chameaux, incongrus dans ce paysage, pour arriver auprès du Très Haut ( Sommet), par un froid glacialet revigorant, communier dans l’air pur et recevoir, à défaut des Tables de la Loi, le spectacle d’un lever de soleil que seules ces terres mystiques savent donner.
Un qui protège, et de quelle manière, notre patrimoine féminin dit-on, s’intéresse aussi au patrimoine antique, c’est Berlusconi. Le Cavaliere vient de faire rendre son pénis à Mars et ses bras à Vénus. Dans le hall du palais Chigi, où il siège, il avait fait installer ces statues (175 ans après J.C.) qu’il avait enlevées du musée de Dioclétien, à grands frais. Mais il ne supportait plus de voir Mars, sous les traits de Marc Aurèle et Vénus sous ceux de Faustine sa femme, incomplets. Pour 70000 € le mâle a été réparé, aussi la femme, au grand dam des spécialistes. Et pour le mettre en valeur, le couple est maintenant placé devant un immense panneau très kitch, ciel bleu et nuages roses au soleil couchant. Pendant ce temps la Maison des Gladiateurs à Pompéi s’effondrait sous un glissement de terrain et le budget de la préservation du patrimoine diminue de quarante six pour cent en 2011.
Cette petite fille, ce pauvre tout petit bout de femme qui errait et se sentait abandonnée dans le froid alsacien, bonnes gens ! Quelle violence faite aux enfants ! Et pourtant, nous avons le 12 février la journée internationale des enfants-soldats, le 25 mai, celle des enfants disparus, le 12 juin celle contre le travail des enfants, le 20 novembre, c’était hier ou presque, celle des droits de l’enfant. Défilons en couches culottes pour protester contre le sort fait aux enfants.
Nous vivons des Temps malheureusement modernes.
Madame Morano alors secrétaire d’Etat s’était investie dans cette défense. Elle est maintenant Ministre, de l’apprentissage.
La longueur de la jupe n’était pas précisée, sans doute aux mollets en cité, au ras des fesses sur les boulevards.