CHRONIQUE 49-10

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CHRONIQUES 2010

 

 

QUARANTE-NEUVIEME SEMAINE

 

 

La vie de couples, de l’Antiquité, et même avant, à cette semaine. Des élyséens voyages et repas. De l’accouplement monégasque. De la Modernité des Temps.

 

 

Le couple revient à la mode. Vous l’avez remarqué vous aussi. Le couple, mais aussi la paire, le duo. Le couple remonte à la plus haute antiquité, et même avant. Adam et Eve en ont été le prototype et Noé a su le faire croître et multiplier, après avoir mené en bateau tous ceux qu’il a pu embarquer. Mais nous avions, bien avant l’apparition de l’Homme et des Dieux, la Terre et la Lune, un couple à éclipses, aussi les roches Tuilière, celle qui chante et Sanadoire, qui se regardent de travers, les puys de la Vache et de Lassolas, deux éculés comme on dit. L’Auvergne est un très vieux pays de couples, à l’imitation de Clermont-Montferrand. Et nos couples de saints ! Voyez Pierre-Buffière, patrie de Dupuytren, qui honore saint Côme et saint Damien, autres deux, des jumeaux, mêmement chirurgiens comme lui.

L’Antiquité foisonne de couples ou duos célèbres. Souvenons-nous d’Orphée et Eurydice, la douleur de l’amant :

    «  Là, seul avec lui-même, et plaignant ses revers,

C’est toi quand fuit le jour, toi quand renaît l’aurore,

Toi qu’il appelle en vain, toi qu’il appelle encore. »

Au Prado, Rubens vous montre Orphée ramenant Eurydice de l’Enfer. Elle le suit, toute guillerette, et sourit à Pluton et à Proserpine qui la laissent repartir. On sent pourtant que le moment fatidique est proche. Orphée donne derrière lui sa main gauche à Eurydice, toute confiante, il tient sa lyre dans l’autre. Il a bien envie de se retourner mais il résiste encore. Bientôt elle va lâcher sa main pour se donner un coup de peigne, ou se mettre un peu de rouge à lèvres et être présentable à la sortie, ou pour vérifier si elle a bien fermé le gaz, ou la fenêtre. Elle va lui demander si elle peut sortir dans cet état, un peu mâchurée. Et lui, réflexe fatal, va se retourner, et la perdre encore. « J’aimerai cette femme appelée Eurydice, Toujours, partout. »

Le Moyen Age n’est pas en reste, avec Tristan et Iseult. Une histoire bretonne et celte, évidemment un peu confuse, et embrumée comme là-bas, de philtre d’amour, d’épée du mari, d’une Iseut blonde et d’une Iseult aux blanches mains, de voile noire et de voile blanche. Des on s’aime, on s’aime plus, on se re-aime De Jean Cocteau, de Jean Marais, de Madeleine Sologne, jeunes et beaux, et d’Eternel retour.

 Et le Roman de Renard, puis la Cigale et la Fourmi, le Pot de terre et le Pot de fer… On n’en finirait pas.

La Révolution industrielle et les Temps modernes nous ont apporté leur lot de duos, Jacob Emile et Maurice Delafon, les duettistes de l’hygiène et de l’hydrothérapie, Roux et Combaluzier dont l’ascenseur n’était pas encore social mais avait déjà des hauts et des bas, Tintin et Milou, Laurel et Hardy, Bonnie and Clyde, Belle et Sébastien, la Belle et la Bête, Don Camillo et Peppone, aussi la Vache et le Prisonnier. Plus récemment, Charles et tante Yvonne, Jacques et Bernadette.  Et l’Etre et le Néant. Et le Diable et le Bon Dieu.

Nous en sommes aux miss, c’est dire combien nous avons pris de la hauteur, La Miss France, marque déposée, et la Miss Nationale, la fille de madame de Fontenay, la Bretonne et la Provençale, frères ennemis en quelque sorte. L’une était parrainée par Alain Delon, l’autre par… Yvan Levaï, que faisait-il dans cette galère ? Une  question nous taraude, laquelle gagnera le plus d’argent. Et si elles se croisent sur le parvis d’une grande surface de vente qui fait la promotion du jambon ?

Nous avons également eu Ségolène et Martine, l’une à Cergy, dans le Val d’Oise, l’autre à La Courneuve en Seine Saint Denis, deux miss donc aussi, mais réconciliées parait-il, l’une en promenade au marché en compagnie de chefs d’entreprises, d’une meute de journalistes, l’autre avec un paquet de micros seulement et des responsables associatifs, après un déjeuner de couscous. Tous ces micros ne les empêchent pas de s’entendre, parfois.

Plus triste encore, la Peste électorale et le Choléra en Haïti, et en Côte d’Ivoire, deux présidents, deux premiers ministres, et quel avenir ?

Heureusement notre Président avait emmené son épouse en Inde, pour un voyage d’affaires sentimentales, avec Christine Lagarde et d’autres ministres comme témoins et comme faire valoir. C’est dommage qu’on ait fait évacuer le Taj Mahal, on fait aussi de belles photos avec la foule bariolée en arrière plan. Les manières bollywoodiennes de notre Carla était très réussies, les autochtones ont apprécié qu’elle porte aussi bien le sari et qu’elle trouve tout très beau et très bon. Le couple présidentiel, glamour à souhait, a eu beaucoup de succès, et aussi des promesses de contrats qui ne demandent qu’à se concrétiser.

Prenons de la hauteur, randonnons. Toujours en couple. Elle proteste, mais elle suit. C’est vous qui avez la carte des sentiers. Quand vous serez au sommet du Rothorn, surplombant ce glacier au nom imprononçable, celui qui descend de la cime de Jazzi, dont vous avez remonté la moraine droite, respirez un bon coup, appuyez vous à la rambarde branlante, puis tournez vous vers l’Italie, c’est à deux pas, ou presque. Ouvrez grand les yeux. Vous aurez, entre la masse du Breithorn à main droite, et le Mont Rose, à l’extrême gauche, avec sa Pointe Dufour,  vous aurez devant vous un autre couple, les jumeaux Castor et son  frère Pollux, plus petit par la taille, qui, chaque nuit, sont, au ciel, la constellation des Gémeaux. Contemplez votre aise. Vous redescendrez alors, parce qu’il faut bien revenir aux miasmes de la vallée, tout droit dans la pente, face au Cervin, les jambes lourdes et la tête encore près des sommets. Et longtemps vous vous souviendrez de ce moment.

 

Où est le bec ? On vient d’apprendre qu’Houellebecq était de repas chez notre Président, l’autre semaine, pas une grande goulade, on s’est nourri d’un risotto. Puis il s’en est allé à Chatelus le Marcheix. Le grand écart. Il a dit, à ce qu’on dit : « Sarkozy est un type sincère… » et Sarkozy : « Carla m’a lu le début de la Carte et le Territoire à haute voix (sic) ». Lisez ou relisez Pierre Michon, il est né à Chatelus le Marcheix, chez ses grands parents. Non, il n a pas obtenu le prix Goncourt. On ne sait pas où il mange, mais il boit, et écrit bien.

 

 Le Prince de Monaco va s’accoupler. C’est bien plus qu’une mode donc. Mais il a des problèmes d’argent. Il va vendre son mariage à la télévision, au plus offrant. Amour quand tu nous tiens !

 

Nous vivons des Temps modernes.

Car constituée de phonolite, qui tinte comme le cristal disent les Auvergnats.

Elle est muette, en trachyte, (une sorte de trachéite sans doute).

Allez les voir opérer à Florence, peints par Fra Angelico.

Victor Hugo, traduction des Géorgiques de Virgile.

Victor Hugo, La Légende des Siècles, livre IV.

Voir Jean Paul Sartre

Du même.

Respectivement 4223m et 4092m.

38 sommets de plus de 4000m autour de Zermatt..

« On n’a aucun devoir par rapport à son pays », c’est aussi du Houellebecq qui vit en Irlande. 

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